Umami, l'outil open source d'analyse web, répond à trois questions sur un seul écran : quelles pages ont reçu des visites, d'où venaient ces visiteurs, et si l'article de la semaine dernière a trouvé son public. Umami affirme que son code de suivi ne dépose aucun cookie. Cet avis sur Umami conclut par un oui nuancé pour un seul petit site, avec des conditions sur le passage à une offre payante et sur l'auto-hébergement.
Umami existe sous deux formes. Umami Cloud est le service hébergé, avec un plan gratuit. Le même logiciel tourne aussi sur votre propre serveur, sans frais de licence. La version actuelle est v3.4.0, publiée le 17 septembre 2026.
La version courte
Umami vaut le coup pour un petit site qui veut des chiffres de trafic lisibles, dans un tableau de bord plus simple que Google Analytics 4. La page de tarifs d'Umami indique pour le plan Cloud gratuit un site web, 100K événements par mois et six mois d'historique, et le tableau de bord par défaut répond aux questions du quotidien sans ouvrir le moindre menu de rapports. Ma note est de 4 sur 5. Il convient à un blog, un portfolio ou un site de newsletter unique qui démarre avec le plan gratuit. Gardez Google Analytics 4 si votre activité repose sur les données de conversion Google Ads, et ne passez pas à l'auto-hébergement juste pour éviter le plan payant, sauf si quelqu'un installera les mises à jour.
Comment cet avis a été préparé : je n'ai pas installé Umami et je ne l'ai pas utilisé sur un site à moi. Le verdict s'appuie sur le tableau de bord public en direct d'Umami, sa page de tarifs, sa documentation, ses notes de version et son suivi des tickets sur GitHub, ainsi que sur les retours d'utilisateurs cités plus bas, le tout vérifié jusqu'au 1er octobre 2026. Les développeurs d'Umami n'ont rien relu et n'ont rien fourni.
Ce que montre le tableau de bord d'Umami
Le tableau de bord principal d'Umami affiche cinq chiffres en haut : visiteurs, visites, vues, taux de rebond (la part des visites qui n'ont vu qu'une seule page) et durée de visite, chacun avec son évolution par rapport à la période précédente. En dessous figurent les pages qui ont reçu du trafic, les sites qui l'ont envoyé, les navigateurs et appareils utilisés par les visiteurs, et les pays d'où ils venaient.
Le tableau de bord public d'Umami pour son propre site tourne sur Umami Cloud, vous pouvez donc tout vérifier vous-même. Je l'ai parcouru en septembre 2026. La liste des pages bascule entre chemin, URL complète, page d'entrée et page de sortie. Les sources basculent entre référents (les sites qui ont envoyé des visiteurs) et canaux plus larges, et sur ce tableau de bord chatgpt.com apparaît comme référent à côté de google.com et bing.com. La localisation descend jusqu'aux régions et aux villes. Une grille jour par heure montre quand le trafic arrive, et un filtre ainsi qu'un sélecteur de période se trouvent en haut.
Les rapports plus poussés se trouvent dans un menu latéral : temps réel, événements, sessions, comparaison, ventilation, objectifs, entonnoirs, parcours, rétention, UTM, revenus et attribution. On les ouvre quand on a une question précise, pas pour savoir ce qui a reçu des visites hier.
La mise en page épurée n'a rien de nouveau avec la version 3. Un fil r/webdev de 2024 sur les alternatives à GA date d'avant la refonte de la version 3, et un commentateur y décrivait le tableau de bord comme « clair et facile à parcourir », avec « peu de gadgets comparé à quelque chose comme GA4 ». Le tableau de bord de la version 3 que j'ai parcouru correspond à cette description. Pour lire votre propre trafic, je donne au tableau de bord la note de 5 sur 5.
Umami est-il gratuit ?
Oui, de deux façons. En octobre 2026, le plan gratuit Hobby d'Umami Cloud coûte 0 $ jusqu'à 100K événements par mois sur 1 site web, avec 6 mois de données conservées. Le logiciel Umami lui-même est open source et gratuit à faire tourner sur votre propre serveur.
La limite se compte en événements. La page de tarifs d'Umami les définit : chaque page vue est un événement, et chaque événement personnalisé que vous suivez, comme un clic sur un bouton d'inscription, en est un autre. Si vous enregistrez des détails supplémentaires avec un événement, chaque détail enregistré compte pour un de plus. Un site qui ne suit rien d'autre que les pages vues reste dans le plan gratuit tant qu'il reçoit moins de 100 000 pages vues par mois.
« 1 site web » veut dire exactement cela : un deuxième site demande un plan payant ou sa propre installation. « 6 mois de données » signifie que vous pouvez remonter six mois en arrière, pas comparer ce printemps avec le printemps dernier.
Le plan gratuit exclut les membres d'équipe, l'import de données, l'accès à l'API et les rapports par e-mail, qui commencent tous au plan Pro. Il conserve l'export des données.
L'étape suivante est Pro, à partir de 20 $ par mois : 1 million d'événements inclus, événements supplémentaires facturés à l'unité, jusqu'à 20 sites web, jusqu'à 10 membres d'équipe et 2 ans de données, avec un essai gratuit de 14 jours. Business coûte à partir de 200 $ par mois et c'est là que commencent les replays de session et les heatmaps. Ce sont les prix catalogue d'Umami en vigueur en octobre 2026.
Pour un seul site, le plan gratuit est généreux. Ce qui le limite, c'est le plafond d'un seul site et l'historique de six mois, je donne donc 4 sur 5 au rapport qualité-prix des plans.
Faut-il une bannière de cookies avec Umami ?
Umami dit que non. La FAQ de la documentation d'Umami affirme qu'Umami « n'utilise aucun cookie dans le code de suivi » et ne collecte aucune donnée personnelle identifiable, et en déduit que vous pouvez l'utiliser sans bannière de consentement aux cookies. C'est la position de l'éditeur, pas la décision d'un régulateur.
Cette affirmation repose sur ce qu'Umami collecte. Selon la même FAQ, il s'agit des pages vues, des URL référentes, des navigateurs, des systèmes d'exploitation, des types d'appareils et du pays, avec des données anonymisées et des visiteurs jamais suivis d'un site à l'autre. La FAQ répond aussi « oui » à la question de savoir si Umami est conforme au RGPD.
La CNIL, l'autorité française de protection des données, pose la question autrement. Elle lie le consentement au « dépôt ou à la lecture d'un cookie ou traceur » sur l'appareil d'un visiteur. Les recommandations de la CNIL sur les outils de mesure d'audience précisent aussi que ses règles « peuvent faire l'objet de variations nationales ». La CNIL ne cite pas Umami et ne l'évalue pas. D'autres éléments de votre site peuvent aussi soulever leur propre question de consentement : un lecteur vidéo intégré ou un pixel publicitaire peut déposer des cookies qui n'ont rien à voir avec Umami.
Pour un petit site dont le seul outil de suivi est Umami, je partirais de la réponse de la FAQ. Si le site traite quoi que ce soit de sensible, renseignez-vous auprès de votre autorité locale de protection des données. Ceci n'est pas un conseil juridique. Sur la confidentialité, je donne à Umami 4 sur 5 : la conception soutient l'affirmation, mais l'affirmation reste celle de l'éditeur.
Umami est-il stable depuis la version 3 ?
Sur Umami Cloud, Umami s'occupe des mises à jour pour vous. Si vous auto-hébergez, deux signalements GitHub que j'ai revérifiés le 1er octobre 2026 sont toujours ouverts, et tous deux décrivent des installations qui ont échoué après la mise à jour vers v3.3.0. Un autre signalement, sur une requête PostgreSQL gourmande en CPU, a été traité dans v3.4.0. Les signalements ouverts ne prouvent pas qu'une mise à jour actuelle va échouer, mais ils restent une raison de faire une sauvegarde avant de mettre à jour.
Umami v3.0.0 est sorti le 7 novembre 2025 avec une nouvelle interface. Les notes de version de v3.0.0 indiquent aussi que v3 a abandonné la prise en charge de MySQL, l'une des bases de données sur lesquelles Umami fonctionnait. Deux fonctionnalités étaient cassées au lancement, et toutes deux ont été corrigées dans v3.0.1 une dizaine de jours plus tard :
- Suivi des pays · Les pays des visiteurs s'affichaient comme « Inconnu ».
- Rapports de revenus · Les revenus s'affichaient à 0 $.
Les versions se sont succédé régulièrement depuis : v3.1.0 en avril 2026, v3.2.0 en juin, v3.3.0 le 12 août, v3.3.1 le 20 août et v3.4.0 le 17 septembre 2026. Voici les trois signalements d'auto-hébergement que j'ai suivis :
- Ticket GitHub #4458 · Une installation qui ne démarre plus du tout après la mise à jour vers v3.3.0. Toujours ouvert.
- Ticket GitHub #4459 · Une installation qui n'arrive plus à se connecter à sa base de données après la même mise à jour. Toujours ouvert.
- Ticket GitHub #4526 · Une requête d'activité des sessions gourmande en CPU, signalée le 9 septembre. Elle a abouti à un correctif de requête PostgreSQL livré dans v3.4.0.
Les trois signalements concernaient des installations auto-hébergées, où les utilisateurs gèrent eux-mêmes leurs mises à jour et leur base de données. Les notes de version de v3.4.0 listent les derniers changements. Je donne à la stabilité 4 sur 5 sur Cloud et 3 sur 5 si vous auto-hébergez.
Umami Cloud ou votre propre serveur : ce que l'auto-hébergement exige de vous
Sur Umami Cloud, Umami fait tourner le logiciel et vous collez un extrait de code dans votre site. L'auto-hébergement, c'est le même logiciel, publié sous licence MIT pour que vous puissiez l'utiliser gratuitement, sur un serveur que vous louez et que vous entretenez.
L'auto-hébergement vous engage sur quatre points. Il vous faut un serveur allumé en permanence. Il fait tourner Umami ainsi que PostgreSQL, la base de données où Umami stocke vos données et la seule base de données relationnelle qu'il prend en charge depuis la version 3. Pour une installation depuis les sources, suivez les prérequis de la version que vous déployez ; PostgreSQL doit actuellement être en version 12.14 ou plus récente. Vous installez vous-même chaque mise à jour, d'où l'importance des signalements ouverts mentionnés plus haut. Et les sauvegardes sont à vous de les mettre en place et de les vérifier.
Vous y gagnez quand même quelque chose. Les données auto-hébergées sont conservées indéfiniment sauf si vous les supprimez, selon la FAQ d'Umami, et il n'y a pas de plafond d'événements lié au plan. Les replays de session font exception : la documentation d'Umami sur les replays les conserve 30 jours. La version auto-hébergée inclut aussi les replays de session et les heatmaps, qu'Umami Cloud réserve au plan Business. Ce que vous perdez, ce sont les rapports par e-mail et l'API de streaming, que la page de tarifs indique comme réservés à Cloud. L'enregistrement des heatmaps pour les installations auto-hébergées est arrivé dans v3.2.0.
Sur la page de tarifs d'Umami, l'auto-hébergement n'apparaît que dans la FAQ. Un fil Hacker News de décembre 2025 sur l'abandon de Matomo compte un commentateur qui se plaint qu'on « ne peut même pas trouver » l'auto-hébergement sur la page d'accueil. La page d'accueil d'Umami mentionne désormais l'auto-hébergement dans une courte section, mais l'appel à l'action principal reste l'inscription à Cloud, ce que j'interprète comme une volonté d'orienter les nouveaux utilisateurs vers Cloud.
Ma recommandation est de commencer sur Cloud. L'auto-hébergement commence à avoir du sens dans trois cas : vous avez besoin de plus d'un site et ne paierez pas Pro, vous voulez plus de six mois d'historique sans plan payant, ou vous entretenez déjà un serveur. Dans les deux premiers cas, cela ne fonctionne que si quelqu'un installe les mises à jour et vérifie les sauvegardes.
L'application Umami en un clic de Cloudzy sert quand l'un de ces cas s'applique et que vous préférez ne pas monter le serveur vous-même. Elle installe Umami avec sa base de données PostgreSQL et un serveur web Nginx en frontal, sur un VPS autogéré avec accès root. Cela reste votre serveur : les mises à jour et les sauvegardes restent à votre charge.
Pour l'hébergement, je donne 4 sur 5 à Umami Cloud et 2 sur 5 à l'auto-hébergement (3 sur 5 si vous gérez déjà un serveur).
Là où Umami s'arrête
Umami va plus loin qu'un simple compteur de visites. Objectifs, entonnoirs, parcours utilisateurs, rétention, suivi des campagnes UTM (les balises ajoutées aux liens pour savoir de quelle newsletter ou de quel article vient une visite), rapports de revenus et d'attribution figurent dans tous les plans Cloud, gratuit compris.
Ses limites sont celles vues plus haut : des comptes d'équipe qui commencent au plan Pro, des replays et heatmaps réservés au plan Business de Cloud, et pas de rapports par e-mail en auto-hébergement.
La publicité est la frontière la plus nette. Si la croissance de votre site repose sur Google Ads et que vous pilotez vos campagnes à partir des conversions remontées dans Ads, Google Analytics 4 est conçu pour ce travail. Le guide de Google sur l'association d'Analytics et d'Ads décrit comment créer des conversions cohérentes entre Analytics et Ads à partir de vos événements clés et consulter les performances de conversion dans Ads. À mon avis, c'est une raison suffisante pour garder GA4 sur un site qui vit de la publicité, avec ou sans Umami à côté.
Une comparaison d'Umami, Matomo, Fathom Lite et Ackee montre vers quoi se tourner pour des options plus complètes si vous avez besoin de plus de profondeur qu'Umami n'en offre. Pour la mesure marketing, je donne à Umami 3 sur 5 : suffisant pour des sites de contenu, en deçà de ce dont a besoin une boutique qui vit de la publicité.
Qui devrait utiliser Umami, et qui ne devrait pas
Umami convient à un petit site sur le plan gratuit, à plusieurs sites sur Pro quand un client ou un collègue a besoin de son propre accès, et à quiconque entretient déjà un serveur et veut un historique conservé indéfiniment. Il ne convient pas à une boutique ou à un site de génération de leads qui pilote Google Ads sur les données de conversion, et qui devrait garder GA4.
Il ne convient pas non plus au propriétaire de plusieurs sites qui ne paiera pas Pro et n'a personne pour installer les mises à jour. Auto-héberger pour éviter l'abonnement, c'est échanger une facture mensuelle contre une maintenance que personne ne fera.
Si vous gérez un seul site, placez l'extrait du plan gratuit sur votre site principal et lisez le tableau de bord pendant quelques semaines avant de décider d'abandonner GA4 ou non.
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Voir les plans LinuxFoire aux questions
Puis-je partager mes statistiques Umami avec un client ou un collègue ?
Oui. Umami peut générer pour un site web une Share URL (lien de partage) publique, en lecture seule. La documentation Share URL d'Umami indique que vous choisissez les vues qu'elle affiche.
Puis-je emporter mes données si je quitte Umami Cloud ?
La FAQ tarifaire d'Umami sur l'export des données répond oui : toutes vos données peuvent être exportées depuis Umami Cloud, soit via le tableau de bord, soit via l'API.
Umami peut-il suivre les clics sur les boutons et les inscriptions ?
Oui, grâce aux événements personnalisés. Le guide d'Umami sur le suivi des événements présente deux façons de faire : ajouter un attribut data au bouton dans le HTML de votre site, ou envoyer l'événement depuis JavaScript.
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