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Fin de vie de CentOS : ce que cela change pour les utilisateurs ⛔

Pius Bodenmann By Pius Bodenmann 13 min de lecture Mis à jour le 25 fév. 2023
Fin de vie de CentOS : ce que cela change pour les utilisateurs

 Pendant des années, CentOS a incarné parfaitement la façon dont les distributions Linux peuvent alimenter l'écosystème open source au profit des utilisateurs du monde entier. Au fil du temps, nous avons vu naître et utilisé différentes versions de CentOS, chacune avec ses caractéristiques propres, qui ont fait du système d'exploitation parent une solution concrète et fonctionnelle. Parmi ces versions : la légendaire CentOS 6 originale, sortie il y a plus de dix ans, suivie de CentOS Linux 7, CentOS Linux 8, CentOS Stream 8, et CentOS Stream 9. Aujourd'hui, la fin de vie de CentOS est officielle, et tout est sur le point de changer.

Le partenariat entre CentOS et RedHat semblait pouvoir propulser cet OS vers le grand public. Pourtant, après plusieurs années de développement conjoint actif, c'est RedHat lui-même qui a annoncé la fin du support actif pour toutes les variantes de CentOS, effective le 21 décembre 2021. Seule exception : la version Stream 8, dont le support actif et de sécurité prendra fin le 31 mai 2024. Stream 8 étant la version midstream des releases de CentOS, cette annonce confirme en pratique la disparition définitive de cet OS upstream populaire.

La fin de vie de CentOS pose de nouveaux défis aux utilisateurs fidèles aux OS upstream. Vers quoi se tourner maintenant ? Quelles alternatives existent pour remplacer cet OS abandonné ? Pourquoi CentOS avait-il autant de fans dévoués ? Et quel OS saura conquérir ceux que la disparition de leur favori a laissés sur le carreau ?

Pour bien mesurer le vide laissé par la disparition de CentOS dans l'écosystème des OS, il est utile de comprendre ce qui l'avait rendu si populaire auprès des utilisateurs les plus techniques. Cela nous permettra d'identifier ce qu'une alternative crédible à CentOS doit impérativement offrir.

  • Stabilité

Comme le souligne LinuxHint dans ce articlearticle détaillé, CentOS et ses dérivés étaient des plateformes OS stables, capables d'exécuter sans difficulté des opérations complexes et gourmandes en ressources sur n'importe quelle machine correcte. Cette stabilité en a fait un choix de référence pour tous ceux qui dépendent d'un système fiable dans leur travail quotidien.

  • Un OS open source

La nature open source d'un OS upstream était l'un des atouts majeurs de CentOS auprès de sa communauté. Une grande partie des utilisateurs de CentOS étant déjà des développeurs et des codeurs, cette approche leur permettait de contribuer directement à l'amélioration du produit à l'échelle mondiale. Un avantage considérable pour n'importe quel OS, mais particulièrement pour l'un d'eux centré sur ce type de public.

  • Gratuit et peu gourmand en mises à jour

En opposition directe aux solutions payantes comme Windows, les produits CentOS étaient gratuits. Prêts à l'emploi en production comme en entreprise, ils ont séduit de nombreuses sociétés en développement et développeurs indépendants. C'est notamment pour cette raison que CentOS avait été choisi pour héberger cPanel or installer un VPN PPTP VPN dessus. Nous avons déjà mentionné sa stabilité exemplaire. Contrairement à Windows et ses mises à jour incessantes, la qualité intrinsèque du code de CentOS rendait les mises à jour rares. Ses utilisateurs étaient ainsi épargnés par le flux continu de patchs qui caractérise Windows.

Pourquoi la fin de vie de CentOS a-t-elle eu lieu ?

CentOS tel que nous le connaissions n'existe plus. Les utilisateurs se tournent déjà vers d'autres OS. Mais il est important de comprendre les raisons qui ont conduit à sa fin de vie. Lorsque la nouvelle est tombée, il est apparu clairement que la décision finale n'appartenait pas à l'équipe d'origine de CentOS. C'est le conseil exécutif de Red Hat qui a tranché. Quelles étaient leurs motivations ? Répondre à cette question nous aide à éviter de dépendre trop fortement d'un OS dont le support peut être arrêté du jour au lendemain. De nombreux utilisateurs de CentOS 7, par exemple, peinent encore à accepter la fin de vie de CentOS 7.

  • Trop d'efforts pour trop peu de retour

Fin 2021, des rumeurs indiquaient que RedHat cherchait à réorienter sa stratégie vers plus de rentabilité. Bien que CentOS et ses dérivés fussent à l'époque les produits phares de RedHat, leur philosophie gratuite avait été décidée sans l'implication de RedHat, par les développeurs d'origine de CentOS. Revenir sur cette politique après tant d'années aurait de toute façon tué la popularité du produit. Les efforts constants pour corriger les bugs et publier de nouvelles versions ont finalement eu raison de la patience de RedHat, qui a décidé de mettre fin au projet.

  • Un frein aux projets annexes

Fin 2021, au moment de l'annonce de la fin de vie de CentOS, un dirigeant de RedHat a déclaré que l'une des principales raisons de cette décision était que le développement actif de CentOS mobilisait une part importante de leurs ressources opérationnelles pour des retours très faibles. Avec le temps, la plus grande acquisition de Red Hat était devenue son plus lourd fardeau financier. Combiné à l'impossibilité d'allouer des ressources à des projets secondaires, ce constat a conduit à la décision de mettre fin à CentOS.

Pourquoi la fin de vie de CentOS est-elle si importante ?

Quel est l'enjeu réel ? CentOS a été utilisé pendant des années par les utilisateurs expérimentés de Linux comme serveur Linux. C'était l'OS par défaut pour la grande majorité des sociétés d'hébergement en ligne. De nombreux utilisateurs s'en servent également pour héberger leurs propres serveurs distants et sites web via TMD Host.

Ce n'est pas un problème anodin. Au-delà des dommages causés aux petites entreprises, les répercussions sont bien plus larges. Pendant des années, le département conseil d'IBM a recommandé CentOS à ses clients. Des maisons de design européennes, qui n'auraient jamais toléré qu'on leur propose un équivalent de leur OS serveur de référence, l'utilisaient elles aussi. L'influence de CentOS va encore plus loin : il fait tourner l'ensemble de l'infrastructure télécom en Chine. Pour mesurer son vrai poids, il suffit de savoir qu'une grande partie du développement de Facebook s'est également faite sur CentOS.

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CentOS 8 Stream : un faux espoir ?

Ce qui a provoqué le choc et l'indignation autour de la fin de vie de CentOS, c'est avant tout la brutalité de l'annonce et sa mise en œuvre immédiate. Les utilisateurs n'ont eu que très peu de temps pour trouver des solutions. De nombreux projets hébergés sur cet OS ont subi des perturbations majeures. Dans ce qui a été présenté comme une mesure de gestion de crise, RedHat a annoncé qu'un seul dérivé de CentOS, la version « Stream 8 », continuerait à bénéficier du support de sécurité et du support actif jusqu'à fin mai 2024. Cette annonce n'a fait qu'amplifier la colère de la communauté. Comment le maintien du support d'un produit CentOS, pourtant très aimé, a-t-il pu rendre ses fans encore plus mécontents ?

Upstream vs Midstream : Comprendre les différences

Comme nous l'avons vu, la stabilité de CentOS, combinée à sa structure open source upstream, était la principale raison de son succès. « Upstream » signifie ici que les correctifs et modifications apportés au code open source remontaient depuis la masse des utilisateurs/développeurs vers les développeurs d'origine, faisant de tout le processus de production un effort collectif entre les deux parties. C'est ce modèle qui était à la base de la popularité de CentOS. Cette variante CentOS 8, baptisée ironiquement « Stream », n'utilise pas ce même modèle : elle adopte une structure « midstream », positionnée entre le développement upstream dans Fedora et le développement downstream pour RHEL. C'est la principale raison de son rejet par les utilisateurs traditionnels de CentOS.

Annonce et communication

L'autre raison qui a rendu amère la continuation sous CentOS Stream 8, c'est la façon dont elle a été annoncée. Alors que Red Hat avait décidé d'arrêter CentOS dans son format d'origine, la communication autour de cette décision a viré au coup de communication. Plutôt que de prévenir les utilisateurs suffisamment tôt pour qu'ils puissent gérer leurs processus en cours avant l'arrêt, RedHat a mis en avant le maintien du support de CentOS Stream 8. Un coup dur pour les fans des versions upstream de l'OS, comme CentOS Linux 7, CentOS Linux 6 et CentOS Linux 8. Cette maladresse de communication, ajoutée à l'absence de fonctionnement upstream déjà évoquée, a définitivement enterré Stream 8 comme dernier espoir pour les utilisateurs.

Clarification officielle

Certains espèrent encore que les variantes CentOS Stream prendront le relais, mais tous les signaux indiquent le contraire. Cela n'a pas suffi à convaincre la partie la plus attachée de la communauté. RedHat a donc dû publier une déclaration officielle précisant que, dans les faits, les variantes Stream ne peuvent pas et ne remplaceront pas les versions Linux de CentOS. Chris Wright, CTO de RedHat, a directement abordé le sujet.

Meilleures alternatives à CentOS en 2022

Dans ce contexte, les utilisateurs se demandent vers quelle solution se tourner. Il est vrai qu'il n'est pas simple de remplacer ce que CentOS apportait en tant que l'une des rares plateformes OS Linux open-source upstream. Cela dit, des alternatives sérieuses commencent à émerger. Les sections suivantes sont un peu techniques par nature, alors accrochez-vous.

Ubuntu et Debian

debian-logo

Naturellement, parmi les systèmes d'exploitation serveur envisageables comme alternative à CentOS, les éditions LTS de Ubuntu arrivent en tête. De plus, Ubuntu est bien plus simple à utiliser et à administrer que CentOS. APT est un gestionnaire de paquets qui facilite l'installation des composants. Ubuntu offre par ailleurs un écosystème riche : cours en ligne, documentation abondante, ressources communautaires — autant d'atouts pour surmonter les obstacles rencontrés lors du déploiement d'un logiciel serveur Ubuntu or Debian de manière autonome.

La dernière version à support long terme de Ubuntu est la 20.04 LTS Focal Fossa, maintenue par les développeurs jusqu'en 2025 dans le cadre du support public, avec une option commerciale permettant de prolonger ce support jusqu'en 2030.

Ubuntu publie une version LTS tous les deux ans, tandis que les versions standard sortent tous les six mois et bénéficient d'un support de 9 mois.

Oracle Linux

Oracle Enterprise Linux, ou OEL, est l'alternative la plus proche de CentOS 8 Linux avec la gestion de paquets RPM. Elle est également gratuite et open-source, mais l'utilisateur doit souscrire un abonnement pour bénéficier du support ; sans cela, elle reste libre d'utilisation, au même titre que CentOS. Oracle Linux est un clone de Red Hat Linux : compilée à partir du code source de RHEL, elle reçoit les mises à jour de sécurité en avance. En revanche, elle n'est pas encore disponible sur les plateformes de cloud computing ou les services VPS, même si cela pourrait changer à l'avenir. Oracle Linux peut également être installée sur Docker.

Les utilisateurs peuvent migrer leurs applications de CentOS 8 vers la dernière version d'Oracle Linux grâce à leur base commune. Pour aller plus loin, consultez notre comparatif Oracle Linux vs. Ubuntu.

Oracle Linux peut être téléchargée gratuitement via le programme E-delivery d'Oracle.

OpenSUSE

OpenSUSE_Logo

OpenSUSE est un OS polyvalent basé sur Linux, longtemps resté dans l'ombre. L'une des raisons est sa communauté plus restreinte que celles de Ubuntu et CentOS, ainsi qu'un volume moindre de tutoriels et de documentation en ligne. Il est développé par SUSE Software Solutions Germany GmbH. Sur SUSE, les Delta RPM et le gestionnaire de paquets ZYpp constituent les principaux outils en ligne de commande sous OpenSUSE.

Trois outils de gestion de paquets sont disponibles : ZYpp pour la ligne de commande classique, YaST pour le développement front-end, et RPM pour le développement bas niveau. Les versions mineures d'OpenSUSE sortent tous les douze mois, tandis que les mises à jour majeures interviennent tous les 36 à 48 mois, selon un calendrier comparable à celui de Ubuntu.

AlmaLinux

Almalinux-logo

AlmaLinux, connu sous le nom de Project Lenix, est développé par CloudLinux, une société avec une solide expérience sur Linux. Chaque année, l'entreprise investit 1 million de dollars dans sa propre version compatible 1:1 avec RHEL 8 et ses versions ultérieures. AlmaLinux, la solution gratuite, open-source et communautaire de CloudLinux, était prévue pour être publiée d'ici la fin du premier trimestre 2021. AlmaLinux facilite également la migration depuis CentOS : des flottes entières de serveurs peuvent être converties en une seule commande, sans réinstallation ni redémarrage. Ce seul avantage en fait l'une des plateformes les plus pratiques pour héberger votre migration depuis CentOS.

Rocky Linux

Logo RockyLinux

Suite à l'annonce par RedHat de l'abandon de la version LTS de CentOS 8, la nouvelle s'est répandue que Gregory Kurtzer, co-fondateur de CentOS, développerait un nouveau clone Linux basé sur les paquets RHEL, baptisé "Rocky Linux", dans la même veine que ce qu'il avait fait avec CentOS. Espérons qu'il ne le revende pas à RedHat ou IBM comme il l'a fait précédemment.

Si Rocky Linux ne bénéficie pas encore de la réputation et de l'historique de certains concurrents plus établis comme alternative à CentOS, il est porté par un développeur de premier plan en la personne de Kurtzer. Cela lui donne les bases pour s'imposer comme l'un des meilleurs systèmes d'exploitation open-source à l'avenir.

Conclusion

Pour ceux qui utilisaient les fonctionnalités avancées de CentOS Linux 8 et ses améliorations par rapport à ses prédécesseurs, la migration vers un autre OS est inévitable. Le choix de RedHat d'abandonner le support de Linux 8 reste surprenant, notamment au regard de ses versions précédentes.

Pour ceux qui utilisent encore CentOS Linux 7, il n'y a pas d'urgence : le support est maintenu jusqu'à mi-2024. CentOS continue d'ailleurs d'attirer une large base d'utilisateurs malgré son ancienneté par rapport à son successeur, "Linux 8".

C'est pourquoi de nombreux fournisseurs Linux VPS de premier plan ont également choisi de maintenir des services intégrant CentOS Linux 7 sur leurs machines hôtes. Vous pouvez vous essayer à ces Services Linux VPS par vous-même sur Cloudzy. Si vous souhaitez migrer vers l'une des alternatives mentionnées pour CentOS et l'utiliser sur les hôtes VPS de Cloudzy, soyez rassuré.

Cloudzy ne se contente pas de continuer à prendre en charge les produits CentOS sur ses hôtes VPS : il offre aussi d'autres avantages, notamment des prix compétitifs, une maintenance réduite et des forfaits variés conçus pour répondre à tous les besoins.

Questions fréquemment posées

Est-ce que CentOS fonctionne sur Linux ?

Oui. Pour être plus précis, il s'agit d'une distribution Linux, c'est-à-dire un dérivé de Linux. CentOS était, et reste encore, une distribution serveur Linux très utilisée en production. Cependant, la fin du support de ses dernières versions a réduit sa base d'utilisateurs actifs.

Jusqu'à quand CentOS sera-t-il supporté ?

La version la plus populaire de CentOS, « Linux 8 », a été annoncée sans mises à jour après le 21 décembre 2021. Sa version précédente, « Linux 7 », bénéficiera d'un support jusqu'à mi-2024, de même que les variantes « Stream ».

CentOS est-il un bon OS pour utiliser Linux via VPS ?

Bien que CentOS Linux 7 soit dépassée par rapport à la plus récente Linux 8 (désormais abandonnée), elle reste l'un des meilleurs systèmes d'exploitation Linux, aux côtés de Ubuntu, OpenSUSE et Debian.

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